Côte d’Ivoire
plateforme de l'opposition ivoirienne

(Agence de presse panafricaine) -Allons-nous vers un blocage du dialogue politique engagé entre la coalition des plateformes et partis politiques de l’opposition ivoirienne, la société civile et le gouvernement depuis le 21 décembre 2020 ? Nous n’en sommes pas encore arrivés à une telle conclusion. Mais la tournure que prennent les choses inquiète. Le point de presse qu’a animé en fin d’après-midi du mardi 29 décembre 2020 donne des raisons de douter d’une éventuelle réussite de ce dialogue.

 

 

Le dialogue politique entre l’opposition significative ivoirienne et le gouvernement, sous la houlette du Premier ministre Hamed Bakayoko, qui a suscité tant d’espoirs au sein des populations, va-t-il  connaître le même sort que celui de la primature d’Amadou Gon Coulibaly ? C’est-à-dire aboutir à un échec. Il est un peu trop de jouer les pessimistes. Cependant, les ingrédients qui ont conduit à l’échec de la précédente tentative sont en train de pointer le nez. Les raisons de ce potentiel blocage, encore et toujours le rapport final des travaux. Comme à l’époque du premier ministre Gon, le rapport final des travaux divise le pouvoir et l’opposition. Et pour cause ! « Lorsque l’on va à des assises comme celle d’aujourd’hui, le rapport final doit faire l’objet d’une adoption. Or ce ne fut pas le cas aujourd’hui. Nous avons pris connaissance du rapport ce soir. Et donc nous avons demandé qu’on nous permette de différer la signature de ce document. Nous avons expliqué les raisons qui nous ont amenés à demander ce différé. Nous avons seulement pris connaissance du rapport. Et nous ne pouvons pas immédiatement apposer notre signature sans un examen préalable et approfondi qui nous permette de l’adopter », a indiqué le Professeur Niamkey Koffi,  secrétaire exécutif par intérim du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire lors d’un point de presse le mardi 29 décembre 2020, à la sortie des assises.

Côte d’Ivoire
le premier ministre Hamed Bakayoko

Pour ce faire, la coalition des plateformes et partis politique de l’opposition ivoirienne souhaite une poursuite du dialogue. « Par ailleurs, nous pensons que les ambiguïtés et les équivoques que nous ressentons à la lecture du texte devons faire l’objet d’éclaircissement  à travers la poursuite de ce dialogue entre les Présidents Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. C’est au terme de ces éclaircissements que la coalition des plateformes et partis de l’opposition va apposer sa signature au bas de ce rapport », a précisé le secrétaire exécutif par intérim du PDCI-RDA, avant de rassurer « Nous ne disons pas par là qu’il y a eu accord ou désaccord, mais nous disons que le dialogue politique en lui-même a banni dans son déroulement l’usage de ces notions. Tout ce que nous recherchons c’est un dialogue qui soit permanent et continu et qui aboutissent à des compromis acceptables par tous.  Voila la raison fondamentale du différé de notre signature, qui n’est pas un refus de signature ».Quand au président d’Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), George Armand Ouégni n, il a été plus direct. «Nous n’avons signé aucun document. Nous n’avons apposé de signature sur aucun document. Il est évident que certains l’ont fait, pas nous. Pourquoi ? Comme l’a dit le Professeur Niamkey Koffi, nous avons reçu la monture finale en début d’après midi  quelques minutes avant de rentrer de la salle. Il nous a été lu, il y a eu des observations qui ont été faites et nous avons dit que nous réservons notre signature après véritablement des éclairages sur certains points bien précis qui ont été identifiés », a renforcé le président de EDS. Pour George Armand Ouégnin, ces éclairages sont vraiment nécessaires.

Côte d’Ivoire
le dialogue politique dans une impasse totale

 

« Ces éclairage doivent se faire à travers nos différentes structures, et aussi des éclairages qui doivent être portés à l’intension de nos différents leaders. Je voulais parler des Présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié. Parce que théoriquement, il devait avoir une concertation des trois, avant qu’on puisse apposer notre signature », a-t-il précisé avant de rappeler « nous avons été, par souci de bonne foi  et de cohérence, à ce dialogue politique. Nos équipes ont participé à tous les travaux, des débats ont été menés de façon sérieuse, tout le monde a retenu que les commissions se sont parlées franchement. Il est donc important que quand on rédige un rapport, qu’on le valide ensemble, que éventuellement on puisse y apporter des amendements et des éclaircissements ». Pour finir, George Armand Ouégnin a rassuré les militants, les sympathisants et les Ivoiriens quant à la suite des évènements. « On a vu le rapport mais on ne l’a pas validé. Nous n’avons donc pas signé le rapport. Par contre nous avons différé notre signature, lorsque les éclaircissements seront apportés sur ce rapport par les initiateurs et aussi après avis de nos leaders », a-t-il promis. Mais faut-il vraiment croire en ces promesses. Car comme on le dit, « les mêmes causes produisent les mêmes effets ».  En effet, le dialogue politique entre le gouvernement Amadou Gon et l’opposition ivoirienne en février 2020 a connu un échec parce que le rapport final unilatéralement rédigé par le gouvernement a été rejeté par l’opposition. D’où l’échec de ces pourparlers qui a conduit à cette crise que connaît la Côte d’Ivoire. Espérons que ce ne soit pas le cas avec le premier ministre Hamed Bakayoko.

 

 

 

 

Eugène YOBOUET (cp) pour (App) Côte d’Ivoire

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